Classes sociales sous la Rome Antique
La société romaine (societas hominum) s’organise selon une hiérarchie strictement définie, où chacun a son rang, qui lui définit ses droits et ses devoirs. On ne peut parler de classe sociale car les clivages ne sont pas strictement socio-économiques mais sont basés sur un droit ou statut des hommes, individuellement ou collectivement. C'est-à-dire que la place d'un homme est définie par sa fonction dans la hiérarchie des institutions et des lois, autant que par sa richesse et bien plus par sa stricte origine. C'est une association basée sur le droit et l'intérêt commun[1]. La société romaine met en place, dès le VIe siècle av. J.-C., le cens, donc une sorte d'état civil. Sous la monarchie, existaient deux classes principales, les nobles, et le peuple (populus), outre les esclaves et les non-citoyens. Après l'installation de la République, la société romaine se définissait elle-même comme une société d'ordres (ordines) implacablement stratifiée. Les possibilités d'ascension dans l'échelle sociale étaient réelles, même si la quasi-totalité de la population restait très pauvre. Rome, sur près d'un millénaire, allait peu à peu changer et les structures sociales se modifier pour donner naissance à la société médiévale.
Le citoyen romain
Les citoyens romains sont des hommes libres forcément nés d'un père citoyen ou affranchi. La citoyenneté n'est pas fondée sur la classe sociale, et un citoyen peut être aussi bien un patricien qu'un plébéien. La citoyenneté est étendue à tout homme libre habitant l'Italie en 49 av. J.-C. Le romain est un citoyen complet (civis optimo jure) alors que l'italien qui reçoit le droit de cité par étapes, est citoyen incomplet (civis minuto jure).
Charges et droits du citoyen complet
Les droits et charges du citoyen comprennent : les droits politiques (jura publica) droit de vote (jus suffragi), droit d'être élu (jus honorum), droit de participer au sacerdoces (jus sacrorum), les droits civils (jura privata) droit d'appel au peuple dans les procès criminels (jus provocationis) droit de propriété (jus commercii) droit de mariage (jus conubii) droit d'intenter une action judiciaire (jus legis actionis). Les charges du citoyen (munera) concernent l'obligation de se présenter au recensement (census) obligation de servir aux armées (militia) obligation (jusqu'en 167 av. J.-C.) de payer le tribut (tributum).
Acquisition et perte du droit de cité.
On peut acquérir le droit de cité lorsqu'on est fils d'affranchi ou étranger libre (en étant naturalisé), on bénéficie alors de la civitatis donatio. Le droit de cité peut se perdre par renonciation (civitas rejectio) ou pour ceux qui se sont soustraits au cens, au service militaire, ou qui ont violé le droit des gens par capitis demunitio. Le citoyen d'antan peut être alors vendu comme esclave. La réhabilitation est toujours possible.
La tribu
Le système dit de Servius Tullius remplace les trois tribus primitives (composées de patriciens) par le populus (composé indifféremment de patriciens et de plébéiens) qu'il partage d'après le lieu de résidence. On distingue les citadins qui composent quatre tribus urbaines (palatina, collina, suburana, esquilina) et les paysans qui composent 17 tribus rurales, chiffre qui passe à 31 au IIIe siècle av. J.-C. L'indication de la tribu fait partie intégrante du nom du citoyen romain.
La hiérarchie des citoyens est composée de classes et de centuries
Le système de Servius Tullius répartit les citoyens en cinq classes selon leur richesse. Pour appartenir à la première classe, un citoyen doit posséder une fortune de 100000 as (augmentée à un million en 220 av. J.-C.), pour appartenir à la deuxième classe il faut posséder 75 000 as (300 000 en 220 av. J.-C.), l'accession à la troisième classe se fait à partir de 50 000 as (100 000 en 220 av. J.-C.), pour appartenir à la quatrième classe il faut posséder 25 000 as (10 000 en 220), et pour appartenir à la cinquième classe il faut posséder 10 000 as (4000 en 220 av. J.-C.).Ces cinq classes servent de base pour répartir l'impôt, et sont divisées en centuries pour le service militaire.
Noblesse sénatoriale et chevaliers
Les plus riches citoyens de la première classe doivent faire leur service militaire à cheval (equites equo publico), la monture n'étant pas fournie par l'état. Ils sont divisés en 18 centuries et portent l'anneau d'or et la tunique pourpre. Leur nombre devient rapidement insuffisant et ils sont remplacés dans leurs obligations militaires par des soldats provenant d'autres centuries. Ils ne forment plus alors qu'une riche bourgeoisie dont certains membres s'adonnent à la politique (on les appellent les homme nouveau homo novus c'est à dire sans ancêtres). La majorité d'entre eux préfère néanmoins se tourner vers les affaires, notamment le grand négoce. À la fin du IIIe siècle av. J.-C. cette frange des anciens cavaliers prend le nom de chevaliers (equites). Ils dominent l'activité économique et joue donc un rôle de premier plan dans la vie politique romaine. Par opposition à ces chevaliers dont le rôle est principalement économique, on appelle (nobilitas) à partir du IV -IIIe siècle l'ensemble des citoyens dont un ancêtre exerça la magistrature curule. La nobilitas finira par se confondre avec le Sénat. La montée de cette nouvelle classe dirigeante provoquera des tensions avec les patriciens sénateurs dont sauront profiter les hommes politiques. Les conflits s'enveniment à partir de 123 av. J.-C., date où les chevaliers obtiennent le monopole de la juridiction criminelle (lex Sempronia).
La clientèle
Sous la république la clientèle devient de plus en plus nombreuse. En effet une grande partie de la classe moyenne a été ruiné par les guerres, la concurrence des pays conquis et les dettes. Les personnes ruinées n'ont eu d'autre ressource que de chercher un patron qui les préserve du chômage et de la misère. Ces clients ne doivent pas être confondus avec les clients du début de l'histoire romaine. En effet ils ne sont rattachés à leur patron par aucun lien juridique. Généralement oisifs en temps de paix, ils se transforment vite en hommes de main lors des élections, et défendent parfois brutalement la candidature de leur patron.
L'Esclavage
Esclave domestique
Il y avait trois millions d'esclaves en Italie à la fin de la République. Ils ont le même statut que les femmes et les enfants et dépendent de leur maître. Ils viennent de Grèce, des campagnes de guerre, et sont même parfois des citoyens déchus. Pour un romain il est naturel d'avoir un esclave, le nombre d'esclaves montre la richesse et la position sociale de celui qui les possède. Les esclaves instruits sont chargés de conduire les enfants à l'école et peuvent même être leurs précepteurs. Après un certain nombre d'années, le maître permet souvent à l'esclave de se racheter. Une fois affranchi, l’esclave ne rompt pas pour autant ses relations avec son ancien maître. Ce dernier devient son patron "celui qui lui tient lieu de père". On continue à l’appeler esclave malgré son nouveau statut. Seul le fils de l'affranchi obtiendra la citoyenneté romaine.
Esclaves gladiateurs
Contrairement aux esclaves domestiques les gladiateurs ne sont pas bien traités, ils sont regroupés dans des casernes où ils s'entraînent à combattre. Ce sont des prisonniers de guerre, des esclaves ayant commis des forfaits, des condamnés à mort à qui l'on a proposé ce choix et même parfois des volontaires. Les gladiateurs sont classés selon leurs tenues On y trouve : le Thrace armé d'un petit bouclier rond et d'un sabre court; le Samnite, équipé d’un casque, de jambières, d’un bouclier et d’une épée ; le Gaulois, ou Myrmillon, est très peu armé ; le Rétiaire a pour seules armes un trident et un filet. La création des combats de gladiateurs date de 264 av J.C. On oppose en général des gladiateurs de catégories différentes. Au bout d'un certain nombre de combats, le gladiateurs a la possibilité de retrouver sa liberté mais certains préfèrent continuer les combats.
sous l'empire
Les citoyens
Sous l'empire le droit de cité se généralise. Auguste créée un système d'ordre qui met fin à la lutte entre sénateurs et chevaliers. La richesse est la base de ce nouvel ordre. Il comprend : l'ordo senatorius qui regroupe des citoyens possédant plus d'un million sesterces. Les membres de l'ordo senatorius gèrent les anciennes magistratures républicaines et deviennent sénateurs, après avoir été questeurs. Ils portent des souliers rouges et le laticlave. L'ordo equester qui comprend les citoyens possédant plus de 400000 sesterces, ils constituent la noblesse officielle et fond carrière dans les charges nouvelles (préfecture, procuratelle).Ils portent l'angusticlave (tunique à bande de pourpre étroite). À la tête de cet ordre se trouvent les princes impériaux, revêtus du titre de prince de la jeunesse.
La clientèle
Sous l'empire avoir des clients et même beaucoup de clients n'empêchent pas d'être client de personnalités plus influentes. Seul l'empereur n'est client de personne. Au IIe siècle après J.-C., ce dernier possède pour clients 150 000 prolétaires, ils reçoivent à vie des vivres mensuels.
Esclaves et affranchis
Sous l'empire l'esclavage se transforme. Sous l'influence des nouvelles doctrines (stoïcisme et christianisme) le sort des esclaves devient plus humain (sous Hadrien et Antonin un maître ayant tué son esclave sera puni). Dès le début de l'Empire les affranchissements deviennent très nombreux, les empereurs devront réglementer cette pratique (interdiction d'affranchir plus de cent esclaves par testament).Cette romanisation progressive aboutit au fait qu'au IIe siècle après J.-C. 80 % des citoyens sont des descendants esclaves.
Le bas empire
Sous la République et l'Empire il n'existait que deux catégories civiles : le citoyen libre et l'esclave. Sous le Bas-Empire apparaît un troisième type intermédiaire, le colon : c'est un homme libre néanmoins attaché un domaine.
Les citoyens
Si, sous l'Empire le droit de cité s'était généralisé, au Bas-Empire il est étendu à tout le territoire. L'empereur Caracalla en 212 après J.-C. déclare citoyens tout homme libre qui habite l'empire.(ainsi le trésor pourra percevoir l'impôt de 5 % sur toutes les successions). La société romaine évolue vers un état social de plus en plus compartimenté. Elle se rapproche d'un système de caste. Au sommet de la hiérarchie sociale se trouve la famille impériale, au-dessous se trouve l'ordre sénatoriale qui possède une hiérarchie interne comprenant les clarissimi, spectabiles, et illustres. L'ordre équestre possède également une hiérarchie interne qui comprend les perfectissimi, egregii,. Tout en bas se trouve les petites gens ou humiliores. Des équivalences sont établies entre l'ordre sénatorial et l'ordre équestre, les chevaliers entrent au Sénat. Au IVe siècle après J.-C., les petites gens sont fixées héréditairement dans leur profession.
Les pauvres, transformés en serfs par les gros propriétaires, constituent une nouvelle classe sociale celle des colons. Mais si les colons conservent tous leurs droits d'hommes libres ils demeurent assujettis à la terre (interdiction de la quitter un seul jour, de se marier hors du domaine.)À la faveur des troubles du IIIe siècle, les esclaves s'affranchissent en foules par la fuite et constituent avec les pauvres libres qui refusent le colonat des troupes de brigands.
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sources
http://lemonderomain.free.fr/indexer/monde/echelle.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Classes_sociales_dans_la_Rome_antique